LeS GéAnTs dE La MontAgNE – MrIa

Lucie Berelowitsch

« Je crois vraiment que je suis en train de composer, avec une ferveur et une anxiété que je ne réussis pas à t’exprimer, mon chef-d’oeuvre, avec ces Géants de la Montagne. Mon art n’a jamais été aussi plein, aussi varié et imprévu : c’est vraiment une fête pour l’esprit et pour les yeux, tout en palpitations brillantes et frais comme le givre »
« Les Géants de la Montagne sont le triomphe de la fantaisie, le triomphe de la poésie, mais en même temps la tragédie de la poésie, au milieu de ce brutal monde moderne. »

Luigi Pirandello à Marta Abba

Les Géants de la Montagne, pièce-monde, spéculation rêveuse, somme littéraire et testament artistique de l’auteur, devait clore la trilogie des « mythes » (avec La Nouvelle Colonie et Lazar) à laquelle Pirandello travaille avec acharnement les deux dernières décennies de sa vie. Fidèle à l’esprit du vocable, il précise que « temps et lieux sont indéterminés : à la limite entre fiction et réalité ».

La pièce se distingue dans l’oeuvre de Pirandello, par un caractère puissamment onirique qu’on ne retrouve généralement pas à ce niveau de maîtrise dans l’ensemble de son oeuvre dramatique. Entreprise huit ans avant sa mort, alors âgé de 69 ans, en 1937, il y a très certainement placé des intentions fluctuantes à mesure de son élaboration. En outre, la pièce reflète sa tension personnelle grandissante à l’égard du fascisme auquel il adhère en 1923 mais dont il s’éloigne progressivement au fil de ses dernières années.

Il s’agit d’une pièce inachevée, et le mot « peur » en est le dernier mot écrit à la fin du 3ème acte. Son fils nous a laissé des traces et des intentions quant au dernier acte. Mais nul n’est obligé de croire que Pirandello les aurait suivi à la lettre. La liberté est donc totale pour appréhender la fin de cette pièce.

Générique

D’après l’oeuvre de Luigi Pirandello
Mise en scène et adaptation Lucie Berelowitsch
L’adaptation s’appuie sur les traductions françaises de Jean-Paul Manganaro (L’Avant-scène théâtre,
janvier 2007) et de Stéphane Braunschweig (Les Solitaires intempestifs, 2015).

Avec les Dakh Daughters – artistes associées : Natacha Charpe-Zozul, Natalia Halanevych, Ruslana Khazipova, Solomiia Melnyk et Anna Nikitina & Jonathan Genet, Marina Keltchewsky, Thibault Lacroix et Nino Rocher (en alternance), Baptiste Mayoraz et Roman Yasinovskyi
Chansons et composition les Dakh Daughters et Vlad Troitskyi
Collaboration musicale Baptiste Mayoraz
Dramaturgie et assistanat à la mise en scène Hugo Soubise
Scénographie Hervé Cherblanc
Accessoires Clara Hubert et Ninon Le Chevalier
Sonorisation Mikaël Kandelman
Collaboration aux lumières Anne Vaglio
Costumes Caroline Tavernier, assistée de Sarah Barzic
Création des masques et des pantins Natacha Charpe-Zozul et les Ateliers du Théâtre de l’Union
Décors les Ateliers du Préau et du TNBA

Production Le Préau CDN de Normandie-Vire
Coproduction TNBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, Théâtre de l’Union – Centre Dramatique National du Limousin, Le Meta – CDN de Poitiers Nouvelle-Aquitaine, Scène nationale du Sud-Aquitain, DSN – Scène nationale de Dieppe, Le Tangram – Scène nationale d’Evreux, La Communauté d’Agglomération Mont Saint-Michel – Normandie
Avec l’aide du Ministère de la Culture – DRAC Normandie, l’Institut français et la Région Normandie, La Chartreuse, Centre national des écritures du spectacle à Villeneuve-lès-Avignon et le Dakh Theatr à Kiev – Ukraine
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.

LANGUES : FRANÇAIS ET UKRAINIEN, SURTITRÉ EN FRANÇAIS.
DURÉE : 1H45
À PARTIR DE 14 ANS

Revue de presse

En choisissant ce groupe de jeunes femmes [les Dakh Daughters] rodées à la pratique d’un « cabaret punk » survolté, la metteuse en scène a visé juste sur la résonance actuelle du texte.

Gérald Rossi • L’humanité

Dans cette version, la pièce est à la fois un cadeau que la metteuse en scène cisèle aux Dakh Daughters et un don que ces cinq jeunes femmes offrent au public. Il est formidable de les voir occuper chaque parcelle de l’espace, dans cette maison-paysage luxuriante et inquiétante pleine de débris de miroirs colorés.

Anne Diatkine • Libération

Lucie Berelowitsch adapte avec une fibre poétique éclairée le chef-d’oeuvre inachevé de Luigi Pirandello. Spectacle hybride, l’adaptation profite également de l’exceptionnelle présence scénique et musicale du cabaret punk ukrainien Les Dakh Daughters.

Marie-Emmanuelle Dulous de Méritens • La Terasse

La force du geste de Lucie Berelowitsch et son mystérieux talent sont dans cette réussite, cette magie d’une forme comblée et multiple qui jamais ne blesse la narration. Mieux, la metteuse en scène donne à l’excès une formidable capacité à restituer la finesse et la profondeur du texte.

David Rofé-Sarfati • Toute la Culture

Lucie Berelowitsch, propose une version musicale et poétique qui traduit, voire amplifie, l’étrangeté de la pièce, la tirant vers l’onirisme et la polysémie. Le choix est courageux. Et le résultat réussi. […] Lucie Berelowitsch sublime le mystere pirandellien.

Igor Hansen-Love • Scène Web

Lucie Berelowitsch choisit de ne pas choisir, de nous laisser faire le tri dans toutes les pistes qui partent de la pièce, apporter notre propre interprétation à un spectacle qui fait du chaos une matière vive et productive, de la prolifération en apparence anarchique une liberté de choix.

Sarah Frank • Arts-Chipel